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Mise à jour EPBD 2024 : Priorité à la qualité de l’air intérieur et à la ventilation

28/04/2026
La directive sur la performance énergétique des bâtiments (EPBD) est un élément clé de la législation de l’Union européenne visant à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments dans les États membres. Toutefois, la dernière révision met en avant la qualité de l’air intérieur et la ventilation comme priorités majeures aux côtés de l’efficacité énergétique. Les bâtiments neufs et rénovés doivent respecter des normes plus strictes en matière de qualité de l’air, incluant la surveillance du CO₂ et des particules, ainsi que des systèmes de ventilation intelligents pilotés selon la demande. Cela garantit des bâtiments plus sains, plus intelligents et plus efficaces sur le plan énergétique à travers l’Europe. Les États membres doivent transposer la directive dans leur législation nationale ou régionale d’ici mai 2026. Examinons de plus près l’évolution de l’EPBD :
 
 
2002–2018 : Vers des bâtiments plus efficaces
L’EPBD a été lancée en 2002 à la suite du Protocole de Kyoto afin de réduire les émissions de CO₂ en améliorant l’efficacité des bâtiments. Elle a établi un cadre commun pour calculer la performance énergétique, fixé des normes minimales pour les bâtiments neufs et rénovés, introduit les certificats énergétiques et imposé des inspections régulières des chaudières et des systèmes de climatisation.
Elle a été révisée une première fois en 2010, introduisant le concept de « bâtiment à consommation d’énergie quasi nulle », puis à nouveau en 2018 afin d’accélérer la rénovation et de s’aligner sur les objectifs climatiques de l’Europe à l’horizon 2050.
 
Secteur du bâtiment dans l’UE : encore beaucoup à faire !berlaymont-building-brussels.
Malgré des efforts et des mesures réglementaires importants, le parc immobilier européen reste largement inefficace sur le plan énergétique, en particulier les bâtiments anciens.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
  • 85 % des bâtiments de l’UE ont été construits avant 2000
  • 75 % sont énergétiquement inefficaces
  • 40 % de l’énergie dans l’UE est consommée par les bâtiments
  • 33 % des émissions de gaz à effet de serre en Europe proviennent des bâtiments
  • 80 % de l’énergie des foyers est utilisée pour le chauffage, le refroidissement et l’eau chaude
 
Plus préoccupant encore, le taux annuel de rénovation n’est que d’environ 1 %, ce qui signifie qu’il faudrait des siècles pour décarboner le parc immobilier au rythme actuel.
L’Europe est peut-être sur la bonne voie, mais elle est encore loin d’avoir atteint sa vitesse de croisière !
 
 
Révision 2024 : le temps d’une nouvelle accélération
En mai 2024, l’UE a adopté une révision majeure de l’EPBD. La nouvelle directive vise un parc immobilier entièrement neutre en carbone d’ici 2050 et renforce les objectifs à court terme. Les États membres doivent transposer la directive dans leur législation nationale ou régionale d’ici mai 2026.
 
Principaux changements :
  • Bâtiments à zéro émission
    Le champ d’application de la directive a été élargi ; l’accent est passé des bâtiments à consommation d’énergie quasi nulle aux bâtiments totalement à zéro émission. À partir de 2028, tous les nouveaux bâtiments publics devront être à zéro émission et, d’ici 2030, cela s’appliquera à tous les nouveaux bâtiments. Cela implique de combiner une haute efficacité énergétique avec une production d’énergie renouvelable sur site. Les bâtiments existants devront progressivement atteindre le statut zéro émission d’ici 2050.

  • Énergies renouvelables obligatoires
    Les panneaux solaires deviendront obligatoires pour toutes les nouvelles constructions, les bâtiments publics et les rénovations majeures, faisant de la production d’énergie renouvelable une norme. De nombreux bâtiments devront également installer des systèmes photovoltaïques ou solaires thermiques pour produire de l’électricité ou de l’eau chaude. Cette exigence soutient les objectifs climatiques de l’Europe en réduisant la dépendance aux combustibles fossiles, en diminuant les coûts énergétiques et en contribuant aux objectifs en matière d’énergies renouvelables.

  • Sortie progressive du chauffage fossile
    L’EPBD révisée contribue à la suppression progressive des chaudières à combustibles fossiles dans l’UE. Les chaudières au gaz et au fioul autonomes perdront les subventions publiques à partir de 2025, favorisant l’adoption de pompes à chaleur, de réseaux de chaleur et d’autres alternatives bas carbone. Étant donné que la durée de vie moyenne des systèmes de chauffage est d’environ 20 ans, cette mesure encourage une transition plus rapide vers des solutions durables. L’objectif est d’améliorer l’efficacité énergétique, de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de stimuler l’innovation dans les technologies de chauffage bas carbone.

  • Rénovations plus strictes
    Les plans nationaux de rénovation sont renforcés, en particulier pour les bâtiments les moins performants, afin de garantir des améliorations systématiques et mesurables. Les « passeports de rénovation » guideront les rénovations par étapes, offrant aux propriétaires une feuille de route claire qui privilégie les économies d’énergie, la qualité de l’air intérieur et la durabilité à long terme. L’approche actualisée encourage également une planification intégrée, combinant isolation, modernisation des systèmes de chauffage, amélioration de la ventilation et intégration des énergies renouvelables pour un impact maximal. 
 
Qualité de l’air intérieur et ventilation : une nouvelle priorité
Pour la première fois, l’EPBD révisée intègre explicitement la qualité de l’environnement intérieur (IEQ), incluant la qualité de l’air intérieur (IAQ) et la ventilation, comme objectif aux côtés de l’efficacité énergétique. Elle définit l’IEQ et exige que les États membres établissent des normes nationales pour un air intérieur sain.
 
Principales dispositions :
  • Surveillance de la qualité de l’air (IAQ)
    Les nouveaux bâtiments non résidentiels à zéro émission doivent installer des capteurs et systèmes de contrôle de la qualité de l’air (par exemple, des capteurs de CO₂ et de PM2.5), et les bâtiments existants devront en être équipés lors de rénovations majeures. La ventilation devra être pilotée en fonction de la demande : la concentration de CO₂ est désormais un indicateur efficace de la performance de la ventilation.

  • Débits de ventilation
    Des niveaux minimums de ventilation doivent être maintenus afin d’éviter une ventilation insuffisante. La conception des bâtiments doit garantir un renouvellement d’air adéquat (souvent via des systèmes de ventilation avec récupération d’énergie) sans gaspillage d’énergie.

  • Systèmes de contrôle des bâtiments
    L’EPBD élargit les exigences relatives aux systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments (BACS). D’ici fin 2029, même les systèmes plus petits (≥ 70 kW) devront être équipés de BACS avec surveillance de la qualité de l’air. Les nouveaux logements devront utiliser des thermostats intelligents et un équilibrage hydraulique pour optimiser les flux d’air.

  • Préparation intelligente
    La nouvelle directive encourage l’utilisation de l’IoT et de l’IA pour l’IEQ. Les États membres doivent prendre en compte les indicateurs de « smart readiness » (SRI) et garantir que les systèmes puissent surveiller la température, l’humidité, la ventilation et les polluants. En pratique, cela signifie que les gestionnaires de bâtiments s’appuieront de plus en plus sur des capteurs numériques et des systèmes de monitoring pour respecter les exigences de l’EPBD. Par exemple, la surveillance et le maintien des niveaux de CO₂ seront essentiels pour la conformité en matière de ventilation, et l’utilisation de matériaux à faibles émissions ainsi que de filtres sera nécessaire pour réduire les PM2.5 et les COV.
L’EPBD révisée place l’Europe sur la voie de bâtiments plus sains et plus intelligents. Toutefois, le temps presse : les États membres doivent transposer les règles d’ici mai 2026 et commencer leur mise en œuvre, notamment via l’installation de capteurs, la mise en place de plans de rénovation et l’amélioration de la ventilation.
Avec des mesures allant des capteurs IAQ obligatoires à la ventilation pilotée à la demande, le secteur du bâtiment en Europe progresse vers un avenir plus écologique, plus sain et plus résilient.
 
 
Les solutions intelligentes de Sentera pour soutenir la conformité à l’EPBD
Pour répondre aux exigences évolutives de l’EPBD, une surveillance et un contrôle fiables de la qualité de l’air intérieur et de la ventilation sont essentiels.
Sentera propose une large gamme de capteurs et contrôleurs, et de solutions HVAC conçus pour soutenir la ventilation à la demande et les systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments (BACS). Ceux-ci comprennent des capteurs de température, d’humidité relative, de dioxyde de carbone (CO₂), de qualité de l’air (COV), de gaz toxiques (CO, GPL) ainsi que de pression différentielle, ainsi que des contrôleurs intelligents et des solutions de surveillance compatibles IoT.
Ensemble, ils contribuent à garantir la conformité réglementaire tout en améliorant l’efficacité énergétique et le confort des occupants. À mesure que les réglementations se renforcent, l’intégration de ces technologies sera essentielle pour créer des bâtiments plus sains et pérennes.
 
 
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